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Uweyv   |
16h32 |
58 |
Ce jour à 23:41 |
Et regarder les avions s’en aller, par la baie vitrée de l’aéroport…
Et je me retourne, et je te regarde, et je te souris. On a fait nos valises ce matin, ne laissant rien dans cette chambre partagée pendant 8 jours, 7 nuits, pendant l’amour, pendant la vie. Des mots, des regards, puis des mots, à nouveau. Des mots inutiles, des mots qui cachent, qui couvrent. Des mots qui mentent. De toute façon, on ne sait plus dire la vérité. La vérité, on ne la sait pas, on ne la veut pas.
Je souris à nouveau. Que faire d’autre, de toute façon ? Te serrer dans mes bras ? Te dire que j’ai besoin de toi ? Jamais.
Ce serait bien trop facile, de t’révéler tout ça. De pleurer dans tes bras, de dire « Ne t’en vas pas »…Ce serait trop vrai, de te dire que j’veux pas, que j’peux pas, que j’sais pas. Mais toi tu le vois pas. Toi, tu vois rien, tu t’en fous. Tu sais rien, tu veux rien, y a pas de « Nous ».
Et pourtant j’aurais voulu, pourtant, moi, j’aurais su. Et ce matin de juillet, j’aurais tout fais pour arrêter le temps, pour rester dans l’présent… Ce matin de juillet, j’ouvrais les yeux sur le monde pour la première fois, et la seule chose que je voyais, c’était toi, là, tout près de moi. Et si loin à la fois. Beau, dans ton sommeil profond. Froid, blotti dans mes bras. T’es si grand, si fragile en même temps. Tes larges épaules, ta barbe mal rasée, puis ton sourire d’enfant...
Si tu savais les secondes, si tu savais les questions. Si tu savais tout ce que j’ressens, dans l’fond. J’ferme les yeux, et j’nous revois, au bord de l’étang, ta tête posée sur mes genoux, ton regard perdu dans le mien, tes mains parcourant mes mains… J’nous revois, à 4h du matin, descendant en chuchotant les escaliers en colimaçon, j’nous revois jetant des trucs par la fenêtre. J’nous revois. Toi et moi.
J’ouvre les yeux, encore, sur toi. Et je ne vois rien d’autre, je ne vois pas l’horloge, je ne vois pas le futur, je ne vois pas comment je pourrais partir. Maintenant. Je déglutis avec difficulté, puis je me mets à te dire, tout ce dont j’ai rêvé. Je hurle, je monte sur la banquette, je crie de plus belle, je crie mon amour, je crie ma lâcheté. Je crie les heures, je crie les jours. Je crie les kilomètres, les sentiments, la vérité.
Je secoue la tête. En fait, je n’ai rien dis. Strictement rien. Et je souris toujours, bêtement. D’une façon hypocrite, tellement hypocrite qu’elle en devient presque indécente. On descend quelques marches et je dépose ma veste, mes bijoux, dans la caisse en plastique, je me retourne, et tu es là, encore si près de moi. Et puis dans quelques pas, ce sera comme pendant ces 5 derniers mois. Tu me prends par la taille et me sers contre toi, et tes lèvres caressent mon visage, comme cherchant les miennes. Ça fait film à l’américaine, Happy End à la con, mais j’en n’ai plus rien à foutre. Je murmure à ton oreille un vague « Tu vas me manquer » comme on dirait « Fais-moi l’amour ». Dans le fond, c’est ça, que je voudrais te dire. Je voudrais te dire de me déshabiller, d’oublier tout le reste, je voudrais sentir ta chaleur, une dernière fois… Et tes doigts au creux de mes reins me brûlent, et ta joue contre la mienne me fait frissonner.
Et un « Mademoiselle » m’arrache à mon rêve.
Tu me lâches, tu me laisses partir, et tu recules un peu. Je glisse littéralement à des mètres, puis des kilomètres de toi. J’te regarde te barrer sans te retourner derrière la vitre des embarquements. J’te regarde te foutre littéralement de ma gueule, et tout ressort. Tout depuis la première fois qu’tu m’as téléphoné. Tout depuis la première fois qu’tu m’as dis que j’étais belle. Tout depuis la première fois qu’tu m’as pris la main. Tout depuis la première fois qu’tu m’as embrassée, que tu m’as déshabillée, qu’tu m’as fais l’amour, qu’tu t’es endormi, dans mes bras. Tout depuis la première fois que j’ai su que t’étais là.
« T’es belle quand tu souris »
Je me mets à pleurer, tendant mon billet d’avion et mon passeport. L’hôtesse me regarde avec insistance, sans pour autant dire un mot. Moi je suis ailleurs, à cent mille lieues de tout ça.
« T’es belle tout le temps »
Et c’est le trou noir, tout d’un coup… Le vide intersidéral, l’asphyxie sentimentale…
« Déjà du temps de mes amours vagues j’étais sourd au fracas de leurs écumes, et comme l’amour m’a toujours fait des blagues, j’dois être aveugle je présume… »
Tu t'en souviens? C'était 16h32...
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13/02/2008 à 15:04 |
ouais trop
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42/58 |
13/02/2008 à 15:44 |
Ouais.
| 16h32 |
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13/02/2008 à 15:54 |
Très beau, très bien écrit. Cependant, je n'aime pas trop toutes les abréviations sur les «j'nous vois», «l'présent» et tout ça.
| 16h32 |
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13/02/2008 à 16:03 |
En fait, les abréviations, quand on lit à haute voix, ça donne juste un rythme, parce qu'à l'oral on contracte et que ça fait moins de syllabes, sinon, j'avoue, à l'écrit, c'est pas ce qu'il y a de plus joli mais c'est juste une question de rytme...
| 16h32 |
45/58 |
09/04/2008 à 15:56 |
Le sens du détail, je dirais meme la descriptions de moments passés, adolescents, vus et revus, et pourtant toujours si uniques pour ceux qui les vivent sans se voir en train de les vivre. j'aime beaucoup le contraste entre le bord de l'étang (idée d'espace, l'eau faisant référence à l'infini ou à la vie...), et "jeter des trucs par la fenetre", qui je dois t'avouer, m'a fait craquer : la poésie de cela vient du retour à l'enfance par le jeu naïf; Retour sur un paradis perdu, comme un flashback. On sent aussi la complicité de l'action, de faire cette meme toute petite betise. Peut etre un adieu à cette naïveté heureuse que tu as connue, autrefois...
Et enfin la progression : d'abord l'étang, la nature, la nuit, puis l'escalier, la maison, puis les trucs, et enfin la fenetre. C'est la nouvelle évasion.
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09/04/2008 à 16:06 |
c'est troop boooow
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09/04/2008 à 16:10 |
premiere création de SE que je lis sincerement beau j'ai eu cette furieuse sensation de lire sans saisir le sens des mots tant d'émotion me son venu que leur sens au fond n'est que second.
bravo et merci car en peut de ligne tu m'a apaisé et rapeller a quelle point je l'aimer.
| 16h32 |
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09/04/2008 à 16:49 |
J'adore

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Ton texte m'a littéralement touché du début à la fin.
Bravo.
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09/04/2008 à 17:17 |
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09/04/2008 à 18:08 |
J'ai beaucoup aimé

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Relis ton texte sur la chanson Marta de Saez, c'est ce que j'ai fait par hasard, et ca l'a rendu très joli ...
Ca me rappelle moi.
Le bord de l'étang, les escaliers en colimaçon, les valises après la chambre partagée..
C'est mon passé et mon futur en même temps

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| 16h32 |
51/58 |
09/04/2008 à 19:30 |
Wouhh...
Ça fait bizarre de voir une création aussi vieille remonter encore une fois...
Merci pour vos avis quand même. =)
| 16h32 |
52/58 |
09/04/2008 à 21:56 |
Moi je trouve ça super beau , bon je sais pas si tu vas prendre ça comme un compliment ou pas mais je trouve que sa ressemble trop à une chanson de Grand Corps Malade
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53/58 |
09/04/2008 à 22:04 |
Merci.
| 16h32 |
54/58 |
10/04/2008 à 00:15 |
Et comme cette fillette qui a cru, naïvement, qu'il y aurait un demain, je mourrai, insatisfait, de n'avoir pas pris le train.
Ouais, un bon slam!
| 16h32 |
55/58 |
10/04/2008 à 13:02 |
J'aime beaucoup. J'ai lu toutes les critiques, & contrairement à certains, j'aime bien les ''contractions''

J'trouve ça superbe, comme tes autres textes. Vivement le prochain
| 16h32 |
56/58 |
10/04/2008 à 15:29 |
magnifique!
| 16h32 |
57/58 |
14/12/2008 à 15:10 |
Franchement, tu m'impressionne jour àprés jour ! ! !
tu dois penser à publier hael , c'est fantastique ! ! ! ! !
| 16h32 |
58/58 |
17/12/2008 à 17:31 |
Ouah. J'ai adoré, j'ai aimé, j'ai adhéré, j'ai accroché, je suis sidérée. J'aime.