J'avais dû le pressentir. Sentir le vent qui tournait, qui éparpillait sa haine ici et là. L'odeur de la rage et de la mort qui se faisait déjà sentir alors que rien n'avait encore commencé. Sans connaître le début nous connaissions déja la fin. Tragique. Quand son livre est paru à sa sortie de prison. Certains de mes amis le rejoignaient sur ses idées, convaincus de leur supériorité raciale, d'autres eux en avaient peur. Ils l'ont tous applaudi, soutenu, aidé... Mes amis... Tous, sauf moi. Il est arrivé au pouvoir par les votes. Mon pays... Sauf moi, moi je suis parti. Je suis allé m'installer en France, j'ai tout quitté, tout. De toute manière on m'aurait tout pris, je le savais.
Pendant les cinq années qui suivirent je vécu dans la crainte, encore la crainte du vent qui tourne, qui propage ses débris de cruauté ; et le bonheur aveugle. Je me suis marié avec Simone et j'ai eu un enfant. Un fils.
Simone est juive. Elle avait le courage qu'il me manquait tant, qui m'avait fait quitté mon pays, ce pays. Elle portait avec dignité cette croix qu'elle avait cousu sur sa veste, qui l'empêchait peu à peu d'accéder aux endroits publiques. Mais elle n'en avait que faire, elle portait un regard dur, presque provacateur aux personnes la regardant avec mépris. Elle traçait sa route, elle faisait ma vie et ma seule fierté. Elle était la femme que j'aimais. Mais elle est partie. Ils l'ont emmené. Ce jour là. Ce souvenir qui me consume jours après jours, semaines après semaines, années après années est ce qu'il m'a été donné de ressentir le plus terrifiant. La raffle du 16 novembre 1943.
Nous avons entendu les pas des soldats SS au bout de la rue, ils marchaient comme un seul homme qui allait accomplir une mission héroïque. Nous les avons entendu marcher, vite, courrir, les voitures et les camions vides, nous savions pourquoi ils venaient. C'était la quatrième raffle dans notre quartier. Je voulais m'enfuir, prendre Simone et Maxime et partir, nous le pouvions j'en étais persuadé. La porte à l'arrière du bâtiment, j'avais tout prévu. Mais Simone, ne disait rien, elle était assise à la table de la cuisine. Elle mangeait son dernier bol de soupe avec gravité, je ne lisais aucune peur dans ces yeux au vert si profond. Je lisais juste la peine, la force, la fierté omni-présente.
Les voila, ils étaient dans l'escalier, ils criaient et tambourinaient aux portes. J'allais cacher Maxime, cela aussi je l'avais prévu, je l'ai installé sous quatres planches de bois dans le parquet. Ma porte se fracassa, ils entraient, ils la violentaient, ils lui dirent des choses en allemand, atroces. Elle ne les comprenait pas, elle ne se débattait pas. Elle les suivait. Ils étaient renseignés, ils ne m'ont même pas regardé. ils étaient juste venu pour elle. Rien qu'elle. Ma femme, Simone...
En 1945 à la libération, des centaines de déportés revinrent des camps. Des centaines, mais pas Simone.
Nous avons appris l'existence des camps d'extermination. Ils appelaient ca la solution finale. La solution finale ! Simone y avait été transporté. Elle est morte dans le train, dans ce wagon à bête. Je ne veux même pas imaginer, je ne peux pas.
C'est moi qui lui ai fait ca, je suis allemand, je l'ai toujours été. Je suis le fruit d'un peuple haineux et fou. Comment pouvaient-elles me regarder chaque jour que nous passions ensemble ? Elle n'était pas avec un homme, je ne suis pas un homme, je suis un allemand.
Comment vivre encore, et regarder mon fils, comment lui dire ce que je suis ? Que mes racines sont meurtrières, que j'ai tué sa mère comme des millions d'autres personnes? Je ne suis rien de plus qu'un hamas de défauts, je suis un lâche, je suis vieux et taché de remords, je n'ai que ma conscience pour me punir car je n'ai meme pas le courage d'y mettre un terme. Je n'ai que mon fils qui est maintenant parti, faire sa vie, que je n'ai meme plus la force de regarder. Je ne peux plus regarder personnes, tout le monde me dévisage je le sens, je sens leurs regards méprisants sur moi. Je ne sais que me morfondre sur moi-même, pleurer ma femme, je regrette de n'avoir rien fait hier, de n'avoir pas réagi, de ne pas avoir résisté. Je ne suis qu'un allemand.
(( Je viens de le finir, à l'instant, je pense qu'il n'est pas aussi fort que je l'aurais souhaité, mais en tant que brouillon, des avis ? ))
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1/16 |
26/12/2007 à 00:16 |
Ecrire sur sur cette partie de l'Histoire est toujours assez risquée. Malgré qu'il y a des défauts et incorrections historiques, l'idée n'est pas si mauvaise et le style passe. :]
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2/16 |
26/12/2007 à 00:17 |

Ce que tu me dis là me fait plaisir !
je reverrai un peu le tout
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3/16 |
26/12/2007 à 00:20 |
Puck a écrit :
Ecrire sur sur cette partie de l'Histoire est toujours assez risquée. Malgré qu'il y a des défauts et incorrections historiques, l'idée n'est pas si mauvaise et le style passe. :]
Et quels incorrections historique

?
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4/16 |
26/12/2007 à 11:11 |
Wahou ! J'aime beaucoup beaucoup ! (ça m'a fait des frissons

)
Franchement, j'étais à fond dans l'histoire, j'avais envie de dire au narrateur que ce n'était pas sa faute !
Bravo
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5/16 |
26/12/2007 à 12:09 |
En tant que brouillon ... C'est un brouillon parfait !
Non, sincerement, c'est vrai que c'etait risqué, mais tu t'en sors très bien, bravo .
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6/16 |
26/12/2007 à 12:53 |
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7/16 |
26/12/2007 à 13:14 |
Magnifique nouvelle,
Toute mes félicitations
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8/16 |
26/12/2007 à 14:56 |
Merci beaucoup j'pensez pas qu'il plairait, je le trouve un peu "faible"
Merci Merci Merci
Peace.
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9/16 |
26/12/2007 à 20:06 |
D'autres avis ?
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10/16 |
26/12/2007 à 20:36 |
Excellent !
J'ai adoré mis plongé dès les premières lignes.
La seule chose qui m'a déplue est ce que tu dis des allemands. Il ne pronait pas tous Hitler et heureusement. Beaucoup l'ont détesté et méprisé autant que les français. Beaucoup se sont battus également pour qu'il disparaisse. Ce n'était pas le peuple allemand tout entier qui était fou et haineux .
Bref y'a juste ce point qui m'a déplu, sinon le reste est superbe. Continue comme ça en tout cas.
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11/16 |
26/12/2007 à 20:39 |
PiM s Framboos_ a écrit :
Excellent !J'ai adoré mis plongé dès les premières lignes. La seule chose qui m'a déplue est ce que tu dis des allemands. Il ne pronait pas tous Hitler et heureusement. Beaucoup l'ont détesté et méprisé autant que les français. Beaucoup se sont battus également pour qu'il disparaisse. Ce n'était pas le peuple allemand tout entier qui était fou et haineux .Bref y'a juste ce point qui m'a déplu, sinon le reste est superbe. Continue comme ça en tout cas.
oui oui ca je le sais très bien pour avoir connu un allemand resistant ( enfin j'avais 2/3 ans ^^ mais on m'a beaucoup parlé de lui ) mais je voulais montré justement comment certains allemands peuvent se juger eux-même. Mais contente que ca t'ai plu
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12/16 |
26/12/2007 à 21:32 |
Encore des avis ?
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13/16 |
27/12/2007 à 18:10 |
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14/16 |
28/12/2007 à 14:53 |
rien a dire bravo
moi aussi j'aimerai écrire sur cette partie de l'histoire, qui m'a tellement touchée, comment pouvoir tuer des millions de personnes, qui ont le même coeur, le même sang qui coulent dans leur veines, ce désastre n'est pas unique, mais il est terrible. Loin de moi l'idée d'être philosophique, juste celle de déclarer la stricte vérité...
encore bravo a toi, tu écris très bien
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15/16 |
28/12/2007 à 17:00 |
C'est vraiment beau ! Bravo, y a beaucoup d'émotions et l'histoire vous prend aux tripes. Juste quelques petites fautes d'orthographe à corriger...
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16/16 |
30/12/2007 à 17:09 |
Merci beaucoup je n'avais pas vu les dernière remarques !!