20 ans après.


SongWriter 20 ans après. 16 01/06 à 18:55

-Tu sais cette nuit, j'ai fait un rêve bizarre.
-Ah, quoi donc ?
-Je sais pas exactement justement, juste je me suis vue dans plusieurs années.
-Ouais, spécial quand même... et alors ?
-Bah rien, je me suis juste vue.

-Tu crois qu'on sera comment dans 20 ans ?
-Tu sais, je sais pas ce que je ferais demain alors dans aussi longtemps...
-Oui, moi non plus, je sais pas en fait.

Je me rappelle encore de notre conversation, elle m'est revenue d'un coup. Vingt ans jour pour jour qu'on s'était posé cette question. Je m'en rappelle, c'était mon anniversaire. Je sais pas où tu es aujourd'hui. Vingt ans, ca dénoue les liens, aussi forts soient-ils. Je te vois toujours aussi fière. Mariée et aussi belle que dans mon souvenir. Des enfants, je ne sais pas, sûrement, je te le souhaite si tel était ta volonté. Où tu es ... ma foi, je n'en ai pas la moindre idée.
Moi ? J'ai aujourd'hui trente sept ans. Depuis qu'on s'est perdu de vue, il y a bientôt dix huit ans, j'ai beaucoup voyagé. Mon métier, tu t'en rappelles, je voulais rentrer dans l'armée, piloter. Un rêve de gosse, un métier d'adulte. J'ai accumulé les heures de vol. En France, à l'étranger. J'ai plus souvent été dans mon cockpit que chez moi. Mon cockpit ... là où j'ai plusieurs fois lancé des missiles, jamais ma main n'a tremblé, et pourtant, tu sais comme je n'ai jamais aimé faire de mal. Tu te rappelles notre dernier moment ensemble ? J'embarquais le lendemain matin pour ma première mission. Cette soirée, je le crois sincèrement a été la plus belle que j'ai vécu. Depuis, j'ai parcouru le monde, six mois en Afrique, dix-huit au Moyen-Orient, vingt-quatre en Amérique du Sud. La France, j'y suis revenu jamais plus de quelques semaines d'affilée. Plus je revenais, moins je renouvelais mes contacts, dernièrement, personne n'a su que j'étais de retour, pas même mes parents.
Je ne sais même pas ton métier actuel, tu voulais devenir compositrice, j'aimais comment tes doigts parcouraient le piano chez moi. Aujourd'hui, que fais-tu ? Musicienne reconnue ou as-tu succombé aux charmes de la vie de famille et à l'éducation des enfants que, j'imagine, tu as eu ? C'est le plus beau métier du monde, tu sais...
J'imagine aussi que, si enfant il y a, tu as rencontré celui avec qui tu passes ta vie. J'en suis heureux pour toi, tu as toujours mérité l'attention qu'on réserve aux souveraines. Celui qui a conquis ton coeur doit être quelqu'un de phénoménal, lui aussi, pour t'avoir envoûté. Je voudrais avoir la chance de vous rencontrer, un jour, par hasard.
Moi, je suis resté seul, autant par choix que par contrainte, s'attacher quelques mois pour partir ensuite, je n'ai jamais aimé le provisoire. Bien sûr, j'ai rencontré des femmes, plusieurs en vingt années même. Mais jamais aucune ne m'a fait vouloir renoncer au reste. Je pense qu'aucune n'avait ton magnétisme sur moi, en un sens, je dois sûrement t'aimer depuis qu'on s'est séparé. Pardonne moi, tu reste un idéal, inaccessible mais ultime.
Evidemment, je n'ai pas d'enfants, ou je ne le sais pas et je ne l'espère pas, quel enfant voudrait grandir sans père ? J'aurais voulu pourtant, un garçon et une fille. Leur apprendre à faire exercices de mathématiques en buvant de la limonade et en mangeant du chocolat. Ainsi est-ce.
Que dire d'autre ? Moi ? Je ne pense pas avoir changé, tant moralement que physiquement, mis à part les cicatrices et le dessin de mon corps affirmé.
Un tatouage aussi, un soleil levant lors d'un session d'amélioration au Japon. J'ai toujours le collier que tu m'avais offert, la bague en argent qui n'allait qu'à ton index, je la porte depuis mon premier départ autour du cou, avec ma plaque d'immatriculation.
Il y a vingt ans, on se demandé de quoi serait fait aujourd'hui, aujourd'hui je me demande ce qu'on aurait pû faire il y a de ça deux décennies. Tes pleurs quand tu m'as accompagné à la gare. Ma voix qui tremblait de te dire au revoir. Le passé n'est pas refaisable, et puis qui sait ?
Si tu trouves un jour ces quelques mots, sache juste que malgré le temps, je n'ai rien oublié. Comme tu me disais toujours, carpe diem, profite de chaque instant.

20 ans après. 1/16 01/06/2008 à 19:05
J'aime beaucoup.
A première vue le texte parait long mais en commencant à lire je me suis laissée envoutée par les souvenirs du narrateur Timide.
20 ans après. 2/16 01/06/2008 à 19:13
Touchant.
20 ans après. 3/16 01/06/2008 à 19:28
Fleurs
20 ans après. 4/16 01/06/2008 à 19:35
Très touchant. =)
20 ans après. 5/16 01/06/2008 à 19:40
Oui, c'est très émotionnel, envoutant et touchant Smile
20 ans après. 6/16 01/06/2008 à 19:43
J'aime beaucoup. Coeur Comme toujours ^^


Champagne! Verre
20 ans après. 7/16 01/06/2008 à 19:43
Sad Crying or Very sad
20 ans après. 8/16 01/06/2008 à 19:45
Il n'y a qu'une expression valable : C'est fioutibouwle. Smile Jap
J'aime, beaucoup.

Am Stram Gram.
20 ans après. 9/16 01/06/2008 à 19:47
J'adore... ca me rappel un peu "ou es-tu" de Marc Levy... seuls les rôles sont échangés...
20 ans après. 10/16 01/06/2008 à 19:48
kanth ouy Sifflote
20 ans après. 11/16 01/06/2008 à 20:52
whaou ! j'adore !!
20 ans après. 12/16 01/06/2008 à 20:57
tant que ça ? Innocent
20 ans après. 13/16 01/06/2008 à 21:03
oooh c'est beau ça !
pfffoulala j'aimerai savoir ce que je ferai dans 20 ans moi aussi..
20 ans après. 14/16 01/06/2008 à 21:06
je crois que tout le monde se pose cette question, ou se l'est déjà posé tout du moins
20 ans après. 15/16 01/06/2008 à 21:06
Pas mal.
20 ans après. 16/16 01/06/2008 à 21:09
Frosties a écrit :
Pas mal.


un compliment de la plus grande critique de SE ainsi que de Noémie, une des plus grandes novelisatrices (?) ... c'est ma soirée !!!

merci en tout cas
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