« Je t'aime », telles étaient les paroles imprononçables de Benjamin. Seize ans et fou amoureux, ou amoureux fou peut-être. Des larmes innondant ses joues déjà rougies par une intense tristesse mélée à cette colère qu'il portait comme un fardeau. La fumée ressortant en volutes denses de sa bouche pour encore plus ternir sa vision. Il aurait voulu crier au monde sa douleur, monter haut sur les toits et enfin pouvoir lui exprimer son amour, à elle. Que dans son cri tout s'échappe, sa peine, son désespoir, même ses tripes. Mais c'était impossible, il était dans l'incapacité de le faire. Rongé de l'intérieur par cette torture qui grandissait jour après jour, sourire après sourire. Sarah, oui, sarah souriait, elle lui souriait et il ne pouvait qu'admirer l'harmonie parfaite de ses traits. Ses « comment va tu ? » auxquels il répondait inlassablement d'un mouvement tête léger allumaient tout son être, faisaient valser ses yeux et flamboyer son coeur. Il l'aimait. Mais d'autres l'aimaient aussi, Sarah et eux pouvaient aisément le lui avouer, « Tu me plais tu sais, t'es drôlement belle », « tu dînes avec moi un de ces soirs ? Ca me remplirait de joie », « Je pense beaucoup à toi ces temps-ci... » ou même la déclaration la vraie, qu'il rêvait jour et nuit de lui faire : « je t'aime ». Simple, deux mots, rien que deux mots et tout pourrait changer. Il s'était résolu à ne pas en être capable. Il pourrait bien les lui écrire, ces deux mots, mais il souhaitait simplement les lui dire, pour qu'elle les ressente comme lui les ressent. C'était pourtant trop dur. Là assis sur son foutu canapé où il passait la majorité de son temps à pleurer, où seuls les échos de sa voix, à elle, le faisaient encore un peu vibrer, et son joint collé à ses lèvres ou pesant entre ses doigts. Pathétique.
Il se leva et se dirigea vers le meilleur endroit pour faire ça : le toit. Il y grimpa comme il l'avait toujours rêvé et sur le rebord tremblant des tuiles, il commença sa déclaration, à petits coups saccadés, le rouge se troublant dans ses larmes qui tombaient à grosses goutte. Il cria en son être, le coeur battant si vite et si fort qu'il crût qu'il transpercerait sa peau, les mains tremblants et les yeux cernés sous une rivière de sentiments. Il resta là un instant, et s'allongea, le regard tourné vers la fenêtre de sa bien aimée, là sur son lit, avec ce jeune homme que Benjamin haïssait au moment présent. Il était avec elle, et lui était sur le toit. Il la comtempla tant qu'il le pouvait encore, son coeur vibra une dernière fois, transperçant maintenant sa poitrine, ses yeux s'étouffèrent avec ses larmes ; et il s'en alla.
Sarah raccompagna le jeune homme chanceux au bas de son immeuble, ils traversèrent la rue ensemble, s'embrassèrent et se quittèrent. Elle était là, stoïque, à regarder au bout de la rue ce garçon qui s'en allait quand elle sentit une goutte lourde heurter ses jolies cheveux. Elle leva la tête et recut une seconde goutte sur la joue, qu'elle essuya d'un revers de main. Celle-ci était rouge. A nouveau elle leva son visage et ne put que comtempler ce triste tableau qui se dessinait au dernier étage. Un bras, un bras éclairé par les rayons du soleil, un bras se noyant dans le ciel immense. Elle se rua sur la porte de l'immeuble qu'elle ouvrit avec fracas et monta les marches qui menaient au toit trois par trois. Bientôt elle se retrouva devant ce visage qu'elle conaissait, qu'elle n'avait pourtant jamais pu entendre. Un couteau suisse gisait là tout comme lui, la lame suintant de sang. Il avait crié enfin son amour, il l'avait crié sur son bras, en lettres rouges « JE T'AIME ». Elle pleura elle aussi comme jamais, sans bruit comme Benjamin. Benjamin, ce jeune homme de seize ans, Benjamin, qui était muet.
(( Bon je sais c'est pas génial mais c'est tout ce que j'arrive à pondre ces temps-ci ))
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21/03/2008 à 21:25 |
La fin est pas mal , le reste bof.
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21/03/2008 à 21:28 |
C'EST ABUSÉ.
Je m'appelle Sarah (et je suis alcoolique. Ahahah, non, joke.) & mon Zy se prénomme Benjamin.
Mais choquée ! Il a pas le droit de mourir, oh. u_U
J'adore, vraiment.
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21/03/2008 à 21:53 |
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21/03/2008 à 23:52 |
Je ne m'y attendais pas... j'aime beaucoup la fin =).
La manière dont est traité le silence est très subtile, c'est touchant.
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22/03/2008 à 10:28 |
J'aime, J'aime, J'aime, du premier mot jusqu'au dernier, c'est... epoustouflant, mme P. serait contente de voir ca
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22/03/2008 à 10:34 |
C'est très bien écrit, on ne s'attend pas à cette fin, c'est magnifique et très touchant . . .
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22/03/2008 à 10:46 |
J'adore ! J'adhère !
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22/03/2008 à 12:04 |
émouvant, touchant, et bien écrit.
J'adhère, j'adore.
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22/03/2008 à 12:06 |
J'adore, la chute est vraiment extraordinnaire.
Vraiment super mais je n'ai pu m'empecher de corriger quelques fautes et surtout l'organisation du texte.
Désolé...
« Je t'aime », telles étaient les paroles imprononçables de Benjamin.
Seize ans et fou amoureux, ou amoureux fou peut-être. Des larmes inondant ses joues déjà rougies par une intense tristesse mêlée à cette colère qu'il portait comme un fardeau. La fumée ressortant en volutes denses de sa bouche pour encore plus ternir sa vision. Il aurait voulu crier au monde sa douleur, monter haut sur les toits et enfin pouvoir lui exprimer son amour, à elle. Que dans son cri tout s'échappe, sa peine, son désespoir, même ses tripes.
Mais c'était impossible, il était dans l'incapacité de le faire. Rongé de l'intérieur par cette torture qui grandissait jour après jour, sourire après sourire. Sarah, oui, Sarah souriait, elle lui souriait et il ne pouvait qu'admirer l'harmonie parfaite de ses traits. Ses « comment vas-tu ? » auxquels il répondait inlassablement d'un mouvement tête léger allumaient tout son être, faisaient valser ses yeux et flamboyer son cœur.
Il l'aimait.
Mais d'autres l'aimaient aussi, Sarah et eux pouvaient aisément le lui avouer, « Tu me plais tu sais, t'es drôlement belle », « tu dînes avec moi un de ces soirs ? Ca me remplirait de joie », « Je pense beaucoup à toi ces temps-ci... » Ou même la déclaration la vraie, qu'il rêvait jour et nuit de lui faire : « je t'aime ». Simple, deux mots, rien que deux mots et tout pourrait changer. Il s'était résolu à ne pas en être capable. Il pourrait bien les lui écrire, ces deux mots, mais il souhaitait simplement les lui dire, pour qu'elle les ressente comme lui les ressent. C'était pourtant trop dur. Là assis sur son foutu canapé où il passait la majorité de son temps à pleurer, où seuls les échos de sa voix, à elle, le faisait encore un peu vibrer, et son joint collé à ses lèvres ou pesant entre ses doigts. Pathétique.
Il se leva et se dirigea vers le meilleur endroit pour faire ça : le toit. Il y grimpa comme il l'avait toujours rêvé et sur le rebord tremblant des tuiles, il commença sa déclaration, à petits coups saccadés, le rouge se troublant dans ses larmes qui tombaient à grosses goutte. Il cria en son être, le cœur battant si vite et si fort qu'il crût qu'il transpercerait sa peau, les mains tremblants et les yeux cernés sous une rivière de sentiments. Il resta là un instant, et s'allongea, le regard tourné vers la fenêtre de sa bien aimée, là sur son lit, avec ce jeune homme que Benjamin haïssait au moment présent. Il était avec elle, et lui était sur le toit. Il la contempla tant qu'il le pouvait encore, son cœur vibra une dernière fois, transperçant maintenant sa poitrine, ses yeux s'étouffèrent avec ses larmes ; et il s'en alla.
Sarah raccompagna le jeune homme chanceux au bas de son immeuble, ils traversèrent la rue ensemble, s'embrassèrent et se quittèrent.
Elle était là, stoïque, à regarder au bout de la rue ce garçon qui s'en allait quand elle sentit une goutte lourde heurter ses jolies cheveux. Elle leva la tête et reçut une seconde goutte sur la joue, qu'elle essuya d'un revers de main. Celle-ci était rouge. A nouveau elle leva son visage et ne put que contempler ce triste tableau qui se dessinait au dernier étage. Un bras, un bras éclairé par les rayons du soleil, un bras se noyant dans le ciel immense.
Elle se rua sur la porte de l'immeuble qu'elle ouvrit avec fracas et monta les marches qui menaient au toit trois par trois. Bientôt elle se retrouva devant ce visage qu'elle connaissait, qu'elle n'avait pourtant jamais pu entendre. Un couteau suisse gisait là tout comme lui, la lame suintant de sang. Il avait crié enfin son amour, il l'avait crié sur son bras, en lettres rouges « JE T'AIME ». Elle pleura elle aussi comme jamais, sans bruit comme Benjamin. Benjamin, ce jeune homme de seize ans, Benjamin, qui était muet.
MisterDarK x
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22/03/2008 à 13:16 |

Wouah, j'aurai jamais cru recevoir autant d'appréciations !
Merci à tous vraiment, sincerement !
MisterDark , merci du conseil ( pour l'organisation )
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14/04/2009 à 22:33 |
J'aime bien.. sauf la fin.
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14/04/2009 à 23:57 |
J'sais pas si j'l'ai déjà lu mais la fin j'm'y attendais.
Ouais j'ai déjà du le lire..
EDIT: Bah oui qu'j'l'ai lu.. Vu la date..
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15/04/2009 à 00:06 |
Patate bleue a écrit :
J'aime bien.. sauf la fin.
La fin c'est le mieux je trouve.
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15/04/2009 à 00:15 |
Merci de l'avoir remonté...
Mais comme un con au début j'avais la flemme de le lire alors j'ai lu que le début et...la fin
Apres j'ai lu vos commentaires et sa ma donné envie de le lire...Donc j'ai pas eu l'effet de surprise mais sa n'empeche qu'elle est vraiment superbe(je suis pas sur que ce soit le mot approprié

)...sa fout un peu le "bad" mais sa doit aussi etre l'effet recherché en tous cas sa a marché sur moi...bien joué...
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06/05/2009 à 16:06 |
Wonderful, just like you.
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06/05/2009 à 16:11 |
Fumer tue !
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06/05/2009 à 17:02 |
J'ai d'abord regardé les commentaires avant de lire le texte...
Ensuite, je m'y suis mise, et ne regrette absolument pas !
Juste un mot : BRAVO ! C'est très bien écrit, et la chute est excellente !
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06/05/2009 à 18:35 |
Je trouve que c'est du
déjà vu .
Sinon, j'aime bien
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39/42 |
06/05/2009 à 18:36 |
La fin n'a rien d'extraordinaire, 9 romans de gare sur 10 à la Marc-levy-kikitoudur-emotion finissent dans un style semblable.
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40/42 |
06/05/2009 à 20:33 |
J'aime.
Mais la fin, on s'y attends, sans s'y attendre.
Enfin, c'est assez frustrant, à vrai dire.