Il m'a fallu plusieurs heures pour daigner prévenir les autres, pour le leurs dire, pour entendre leurs pleurs. Et ce n'est pas à contre coeur que, plusieurs autres après, je rentrais chez moi. J'eus l'impression que les docteurs ne me lacheraient jamais. « le traumatisme est encore trop actuel, elle ne réagit pas, prennez du temps et restez avec elle » disaient-ils. Ce n'est pas parce que je ne pleure pas, que je ne réagis pas. Cette nouvelle m'a plutôt même réconfortée, et je n'en éprouve aucune honte.
J'ai bien cru que cela ne marcherait pas, alors entendre dire que ces médecins « n'ont rien pu faire », quel soulagement ! Je m'étais donné tant de mal après tout, il m'en avait fait tant. Père ingra au visage gonflé de fierté autant que son ventre de bière. Père violent et incapable. Père abruti qui m'a en partie donné la vie, quel plaisir de lui avoir retiré enfin la sienne.
La porte s'ouvrit dans son habituel grincement, celui même que j'entendais soir après soir quand ce minable rentrait de chez les putes. Il y a avait du vent dehors, et en rentrant, je fus prise d'un sentiment de confort, de calme, de paix. Une paix nouvelle qu'il me restait à annoncer à ma mère. Je marchais un peu dans la maison, cherchant des yeux tous les souvenirs douloureux qui se cachaient à chaque recoin de chacune des pièces. A les revoir une dernière fois, à leur dire aurevoir après tant de nuit où j'en avais trempé mes draps ! Oui ! Mes draps partagés entre mes pleurs et sa semance dégeulasse. Je rentrais dans ma chambre pour constater et imaginer enfin cette pièce vide son odeur nauséabonde. Au dessus de ma commode, je me regardais dans le miroir, parvenant à peine à sourire. Comme si j'avais oublié cette chose là, le bonheur. Il réaparaissait enfin. J'ouvrais le troisième tiroir en partant du haut, et en sortait toutes les choses que j'avais coincé dedans, il y avait au fond une petite partie cachée que je dégageais délicatement. J'y avais laissé les clés de la voiture défoncé de mon défoncé de père. Il aurait plus de mal ainsi, à se rendre au bordel. Mais le vieux ne se décourageait pas quand il s'agissait de son pénis, aussi ce soir, il s'y était rendu à pied. Médiocre, et tellement prévisible, j'ai trouvé la tâche presque trop facile.
Le lieu de divertissement quotidien de mon père était evidemment là où l'on peut retrouver tous les détraqués dans son genre : une ruelle sombre, la même que l'ont décrit si souvent dans les romans. Il y avait beaucoup de crimes et d'attaques violentes dont les origines demeuraient inélucidé. La police ne s'attardait pas sur ces cas, et je les comprend, et c'est tant mieux pour moi.
Je fus de sortie aussi ce soir là, j'allais rejoindre mon bourreau pour échanger nos rôles. Il avait un revolver planqué à la baraque comme il le disait, content. J'ai mis du temps à le trouver mais j'y suis parvenu. C'était un 9 mm, et le prendre en main m'a transformé tout d'un coup. L'angoisse qui me bloquait la gorge s'échappa et le feu me monta aux joues. Ma colère n'avait jamais été aussi forte qu'à cette prise de main. Mais c'est après, dans cette ruelle, devant cet homme, que ma haine connut ses limites. Il se dégorgeait sur un mur, juste avant d'entrer. S'il avait été en voiture, il aurait été plus difficile de le suivre et surtout, il aurait pu la garer juste devant la porte, sans que je ne puisse alors l'atteindre. Mais là, il se trouvait à deux mètre de moi. A deux mètre de la mort. Je levais l'arme en ayant son crâne chauve en ligne de mire. Le petit « clic » qu'émetta le pistolet quand je l'armais fit sursauter ma cher victime, qui se retourna d'un bond. Ses yeux vitreux croisèrent mon regard, un sourire pervers traversa son visage. Il avança d'un pas en tendant le bras vers moi, il croyait que je n'en étais pas capable. « Et bien ! Tire ! » cria t-il en pouffant de rire. « J'en avais l'intention ». J'ai tiré. Il s'est effondré, ses traits marquant sa stupeur, je lui donnais un dernier coup de pied au bas ventre. Et je soufflais, je respirais, j'étais libérée, enfin.
J'avais fait du bruit et ma mère arriva en courant, inquiète. Elle entrouvrit ma porte et jeta un regard à l'intérieur de ma chambre. « Tu peux entrer maman, je suis seule, c'est fini maintenant ». D'un pas non rassuré elle s'avanca vers moi, et alluma la lumière. Je répétai « C'est fini maintenant ». Elle baissa les yeux et vis le revolver dans une main qui était aussi dans le tiroir, et les clés de sa voiture dans l'autre. Elle releva les yeux, et pleura. J'avancais et la prise dans mes bras. Nous pleurions ensemble toute la nuit, pour mieux sourire et avancer pour le reste de notre vie.
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18/05/2008 à 19:36 |
Pas mal, mais quelques fautes quand même.
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2/18 |
18/05/2008 à 19:45 |
Pas mal, j'aime bien.
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18/05/2008 à 19:48 |
Leen a écrit :
Pas mal, mais quelques fautes quand même.
Merci

mais des fautes de quel type ?
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18/05/2008 à 19:49 |
J'ai rien compris.
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18/05/2008 à 19:52 |
Razm0ket a écrit :
J'ai rien compris.

J'en suis tout à fait désolée
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18/05/2008 à 19:53 |
Des fautes d'inattention je suppose :
"prise" ==> Pris.
"leurs"==> Leur.
"ingra" ==> Ingrat.
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18/05/2008 à 19:57 |
ah, orthographe, merci. J'en ai reperé d'autres, je corrigerais
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18/05/2008 à 20:10 |
something else ?
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18/05/2008 à 20:24 |
J'aime bien.
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18/05/2008 à 20:25 |
Ah bien, j'aime.
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18/05/2008 à 20:39 |
Merci :d
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19/05/2008 à 17:42 |
il est très prennant tu commences et bah t'es obliger de finir !! très bien ecrit je trouve !!
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19/05/2008 à 18:43 |
j'étais à fond dedans
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19/05/2008 à 19:43 |
Merci :d
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19/05/2008 à 20:13 |
Et bien et bien, tu sais ce que j'en pense.
J'te remercie pour tout
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19/05/2008 à 20:37 |
Pas mal du tout =)
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19/05/2008 à 20:50 |
super, comme ça a été dit, il est trés prenant, on peut plus s'arreter =)
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22/05/2008 à 16:40 |
Wouah, et ben ecoute j'ai adoré
A bientot jespere