Pardonnez moi je me remet à l'écriture, ceci est vieux texte déniché sur mon vieil ordinateur.
Je suis l’élite des écrivains à moi seul, un écrivain qui rejette toute société, tout sentiment, qui oublie que derrière l’ombre de ses pages, il y a autre chose. Il y a la vie. Je ne suis pas arrivé à l’apogée de la littérature en étant idiot. J’ai l’imagination et le savoir, et je sais qu’il y a la vie à quelques pas de moi. Mais quelle motivation puis-je trouver, pour traîner les rues, les cafés ou envahir le cœur d’une dame ? La vie, voila bien des sornettes. Il y a un début, une fin, et entre les deux une infinité de choses qui ne sont en somme que rien du tout. C’est pour cela que je reste là, assis sur mon fauteuil dont le cuir s’est depuis bien longtemps ridé autour de l’emplacement de mon postérieur, affaissé dessus des heures entières. Ma vie, je la gèle, je l’immortalise, je l’imagine, je la fais mourir à chaque point. Ma vie, je la déverse par mon encre sur ces feuilles et l’y enferme à tout jamais. Ainsi, elle est parfaite, fine et légère comme mon écriture, imperturbable et fière, audacieuse et infinie. Elle n’a besoin ni d’argent ni des biens futiles qui vont avec. L’amour et les sentiments, je les lui donne grâce à mes personnages secondaires. D’ailleurs, ce que mes lecteurs ne savent pas, c’est que chaque personnages, chaque moments, chaque sentiments, c’est moi. C’est mon être sous sa forme la plus puissante, aux lecteurs, je leur offre à tous mon cœur. Voila ce qui fait ma célébrité, chose qu’aucun des critiques littéraires les plus illustres n’aient pu définir. Dans chacune de mes pages, si on essaye de les comprendre, on peut entendre le battement de mon cœur. Et c’est tout ce que j’ai toujours voulu.
Seulement voila, mon imagination prodigieuse comme ils le disent si bien, me joue parfois des tours. Je me retrouve alors à décrire mes derniers instants, la fatalité, le film de ma vie se déroulant sous mes yeux.
Je suis vieux, mais je n’y parais pas, je suis assis comme à chaque fois, mais je suis froid et blanc, presque bleu. Je vois dans mes yeux vitreux se refléter des images qui me sont très, trop familières. Je me vois jeune, à quinze ans, au moment où je décidais que l’écriture remplacerait la vie dont mes parents m’avaient malencontreusement pourvu. Je gommerai mon nom du registre des vivants. Je ne serai ni vivant, ni mort, juste à la limite : je serai écrivain. Il m’a tout de même fallu faire quelques expériences stupides pour arriver à ce point culminant. Aussi le film coupa puis repris le jour de ma première fois, le jour où l’on est censé crier au monde « JE SUIS UN HOMME », ce que je n’ai pas fait, voulant perdre ma vie, je perdais aussi mon sexe, je n’étais plus homme, j’étais écrivain. J’eus ensuite mon bac, évidemment avec succès ce qui remplit le cœur de mes parents une dernière fois. Encore une coupure, je me vois maintenant assis sur mon fauteuil encore jeune, comme moi. Encore neuf, comme moi. A nouveau une coupure, la même image revient : je suis cet écrivain toujours sur son fauteuil avec son stylo composant une nouvelle symphonie littéraire, mais je suis déjà plus vieux. L’image se brouille désormais, il n’y a plus de coupure, il n’y a qu’un défilement de photographie identiques les unes aux autres, je suis juste un peu plus vieux à chaque fois. Le grand final approche : je suis vieux et je meurs sur ma feuille, après avoir gravé mon dernier point, à la dernière ligne, en beauté.
A trop essayer de dompter la vie, on en perd parfois la raison. On perd peu à peu ce qui nous est normalement le plus cher : notre cœur et nos sentiments. Je n’ai là que 42 ans, peut-être ai-je passé trop de temps à écrire.
| La peur de l'écrivain (texte) |
1/6 |
12/05/2008 à 19:46 |
Ohééééé y'a quelqu'un ?
| La peur de l'écrivain (texte) |
2/6 |
12/05/2008 à 20:28 |
J'aime pas spécialement même si le style n'est pas mal , l'histoire ne m'accroche pas.
| La peur de l'écrivain (texte) |
3/6 |
12/05/2008 à 20:35 |
ok thanks

| La peur de l'écrivain (texte) |
4/6 |
12/05/2008 à 20:45 |
ah d'accord
| La peur de l'écrivain (texte) |
5/6 |
12/05/2008 à 21:26 |
jujuetsonhummer a écrit :
ah d'accord
Inutile non ?
| La peur de l'écrivain (texte) |
6/6 |
13/05/2008 à 20:21 |
something else ?