Mh.
Je ne sais pas si j'aime ou si je n'aime pas.
D'un côté, on imagine bien la scène. Un peu impressionniste, on imagine la nuit, avec une atmosphère de fête: lampions, lumières, couleurs, avec un ciel noir ébène, quelques étoiles blanches minuscules.
On y voit aussi un peu la fièvre du samedi soir, on s'amuse, tout est confus, tout tourne autour de soi, au point d'y trouver une certaine ivresse je dirais. Pourtant, la fille semble très "clean". On infère qu'il s'agit de sa folie passagère, son moment d'euphorie. Toute une vie qui en une nuit commence et s'éteint, c'est pour cela que "Ce soir rien ne compte."
Le monde urbain qui bouge, vite. L'inconstance de la peinture, et pourtant rien ne change. Les répétitions "heureuse" etc. le montrent. Ce sont les mêmes couleurs réutilisées partout. Des couleurs primaires surtout, flash.
Oui c'est vraiment une peinture je dirais ce texte. Le genre de peinture ou de photographie prise sur le moment, un moment anodin de la vie et pourtant qui ne sera jamais reproduit exactement.
Et le style, simple, sobre, précis, donne les traits de la peinture, ou plutôt les "points" de la peinture impressionniste. Clair et droit au but, on dirait que le pinceau est la voix de l'artiste qui murmure à l'oreille.
De l'autre côté, je ne sais pas. Ce style n'est pas exactement ce que je préfère. Peut-être que mon sentiment ambivalent est dû à autre chose, je pense qu'à un autre moment, je l'aurais beaucoup aimé.
A une époque, il m'arrivait d'écrire comme ça je crois. Je ne me souviens pas bien quand, mais je sais que j'ai déjà écrit avec ce genre de phrases nominales, phrases simples et concises, dont le vocabulaire peut être à la portée de tous. Mais... ça m'est passé. Ah, c'est comparable à du Anna Gavalda je crois, et cet auteur, j'exècre.
Il y a aussi un caractère très niais dans ce texte, ou peut-être est-ce simplement que l'optimisme débordant de ce texte qui m'écoeure un peu.
Quoi qu'il en soit, je laisse tomber. En fin de compte, je devrais le relire dans d'autres circonstances, pour trancher entre mes deux avis. Car j'aime bien l'impressionnisme, en fin de compte, quand je n'ai pas mes lentilles, j'en vois pleins des tableaux impressionnistes.