Moins de 18 ans
18 ans ou plus
| A votre avis ? | 1 | 31/01/08 à 17:50 |
Voila, j'ai eu un devoir en français. Et je ne sais pas trop quoi penser de mon texte. Vous pourriez me dire ce que vosu en pensez, honnetement ? Sa me ferai plaisir. Je sais que c'ets un peu long... Dsl ! Merci !
Sujet : Dans son journal intime, un détenu exprime l'expérience bouleversante qu'a constituée pour lui la découverte de la poésie. Vous rédigerez quelques passages de se journal situés à des dates différentes, qui rendent compte de cette rencontre. (Longueur indicative : 3-4 pages.)
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Prison de Vannes :
Le 28 Juillet 2012
Cher Bill,
Je n'en puis plus. Je la Revois sans arrêt. La journée, la nuit. Sans arrêt. Cette nuit-là, je la revis toutes les nuits. Je revois ses yeux. Ses magnifiques yeux, qui se tournent vers moi, horrifiés. Ces yeux bleus, éblouis par la lumière de mes phares.
Sans Arrêt... Sans arrêt...
Je revois son paisible visage, entouré de sa magnifique chevelure blonde. Les jours passent, mais elle reste dans ma mémoire, dans mes pensées. Je ne veux plus me souvenir. Sa main, fine et pâle, reposant par terre, dans son sang. Je ne me souviens de rien d'autre. Pas du début de la soirée, ni des verres que j'ai pris auparavant. Ni ce que j'ai bu, ni combien j'en ai bu. Mais je me souviens de ces yeux paisibles, regardant à l'infini, l'immensité du ciel. J'essaye de le regarder, le ciel, à travers les barreaux. Mais, c'est juste un petit bout de ciel. Je ne puis plus. Elle me hante. Je n'arrive plus à prononcer son nom. Je ne me souviens même plus de son nom. Je ne peux plus me regarder. Ce sont ses yeux qui se trouvent à la place des miens...
J'entends une voix qui vient de dehors. C'est la première fois. Je vais aller l'écouter... Je ne peux rien faire d'autre...
Au revoir, cher journal. Au revoir cher Bill.
Prison de Vannes :
Le 05 Août 2012.
Cher Bill ,
La dernière fois que j'ai écrit en toi, je t'ai parler de la voix. La voix qui chantait dehors. En réalité, elle ne chantait pas. Elle récitait. C'était une magnifique femme, dont le mari est dans la cellule qui est à côté de la mienne. C'est le gardien, qui me l'a dit, un midi. Elle lui ressemblait, à l'exception qu'elle était brune, et qu'elle ne regardait pas l'immensité du ciel. Elle récitait un poème. Mais pas un poème sur l'amour, un poème sur la prison. Je ne saurai dire pourquoi, mais son poème m'a plus. Il m'a permis de sourire, pour le première fois depuis que je suis ici. Je ne pourrais dire quel poète a écrit ce qu'elle récitait, mais il était magnifique. Il parlait d'enchanter ses soucis, Prendre la noir de sa vie pour le transformer en joli. Ce poème m'a ouvert les yeux. Plutôt que de la chasser de mes pensées, de mes nuits, je vais l'écouter. L'écouter et peut-être qu'elle m'aidera à lui demander pardon...
La dame brune est revenue aujourd'hui. Elle a récité un autre poème. J'ai retenue la fin :
Et ces cachots n'ont rien de triste
Il s'en faut bien :
Peintre ou poète, chaque artiste
Y met du sien.
De dessins de caricatures
Ils sont couverts.
Ça et là quelques écritures
Semblent des vers.
Celui-ci est de Musset. Je me souviens l'avoir étudié en français, autrefois. On avait parlé de rejet pour ce poème, si je me souviens bien. Mais peut-être ma mémoire me joue des tours... Le manque de sommeil... Celui-ci m'a fait ouvrir les yeux. Des graffitis sont exprimés partout sur les murs. Ceux qui reviennent les plus de fois sont des déclarations d'amour. Pour toi seul, cher Bill, je pourrais le faire, mais ce ne serai pas un cadeau... Plus maintenant... Celui après qui reviens le plus souvent, est juste un mot : « Pardon... »
Je les ai tous lus, et ils m'ont fait du bien...
A Bientôt, mon Bill.
Prison de Vannes :
Le 10 Août 2012.
Bill, mon ami,
Pour la première fois depuis longtemps, j'ai réussi a dormir. Pas longtemps, certes, mais d'un sommeil paisible. Je sais que les poèmes que la jeune femme a récité, les quelques fois où elle est venue, y sont pour beaucoup. La nuit, au lieu de me souvenir des ses yeux, je me souviens des poèmes. Elle voulait aidé son mari, elle m'a aidé aussi. Je ne sais ce que j'aurai fait sans elle. Mon cœur, qui depuis l'accident s'était éteint, s'est rallumer. Une petite étincelle seulement, mais elle m'avait réchauffé le cœur. Je comprends ce que voulais dire Brassens : « Et dans mon cœur, il brûle encore, à la manière d'un feu de joie. » C'était elle, la dame brune, mon « auvergnate »
Elle était venue, hier pour récité un poème. Il commençait comme cela :
Il y a des mois que j'écoute
Les nuits et les minuits tomber
Et les camions dérober
La grande vitesse à la route
Moi aussi je n'entendais que cela, à mon arrivée ici. La grande vitesse... Me rappelant ma faute, encore et encore. Aujourd'hui je m'en toujours, mais différemment. Je me souviens de son prénom à présent, Jessica.
Jessica...
Je peux m'adresser à elle, à présent. Et cela m'aide. Et elle m'aide.
J'ai gravé une trace de mon passage ici. Pas pour que ce lieu se souvienne de moi, mais, pour que moi je me souvienne que j'ai laissé une partie de moi, en ces murs. Ce n'était pas de la poésie, mais juste une phrase :
Je suis ton assassin,
Et toi mon ange gardien.
C'est étonnant a quel point cette simple phrase m'a aidé. Je l'ai cherché longtemps pour qu'elle soit parfaite. Je l'ai enfin trouver.
Merci Bill, de m'écouter.
Pour la première fois, je n'ai plus honte de mon nom. Je peux signer.
Lhuckas.
Prison de Vannes :
Le 14 Août 2012.
Cher Bill,
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Vingt-deux ans. Vingt-deux ans, dont six mois d'emprisonnement. Jour pour jour. Je ne trouve pas que ma peine soit injuste. Je ne le trouve plus. Elle est méritée. J'en ai encore pour quelques temps, mais maintenant, je dors. Je suis plus en paix avec moi, avec Jessica. Ce matin, le gardien est venu m'offrir mon cadeau. Il avait vu dans mon dossier que c'était mon anniversaire, et se souvenait de l'effet de la poésie de la dame brune sur moi. Il m'a offert le recueil de Rimbaud : « Une Saison en Enfer » Il m'a dit qu'il pensait que ca faisait aussi partie de son rôle de faire en sorte que les détenus se sentent bien. Il m'a aussi dit que ça pourrais symboliser ma « saison » en prison. Je l'ai lu entièrement. A voix haute, pour en faire profiter Jessica. Je lui parle librement, maintenant, grâce à la poésie. Mon poème préféré du recueil, est le « Dormeur du Val ». Il me fait penser a la nuit de l'accident. Jessica était sereine, paisible, en regardant les cieux. Je pense qu'elle l'aurai bien aimé aussi. Qu'elle l'aime bien aussi.
Je vais peut-être me mettre à écrire. Bien sûr, je ne prétends a rien d'extraordinaire, mais ça me fera sûrement du bien... Je pourrais exprimer ce que je ressens. Le faire comprendre à Jessica. Pour qu'elle me pardonne... Pour que je me pardonne... Je connais déjà le début :
J'ai un prison de fer
Toi, une prison de bois
Celle de Merlin, en verre
Celle de mon cœur, en froid
Cela exprime bien ce que je ressens. Un vide, un froid dans mon cœur. Pourquoi Merlin ? Parce que Merlin, c'est mes croyances, mon enfances. Aujourd'hui, même mes origines sont en prison...
J'espère qu'elle comprendras à quel point je m'en veux...
Et qu'elle aimera...
Aujourd'hui, une partie de moi à retrouver la paix. Je n'en suis pas encore sorti, et le chemin sera encore long, mais j'ai retrouver un peu d'estime, un peu de courage.
Sans la dame brune, je n'y serai jamais parvenu.
Sans elle et ses poèmes...
A bientôt, cher Bill, cher journal. Je t'aime.
| A votre avis ? | 1/1 | 31/01/2008 à 18:09 |
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