Funny Games U.S.

Quel âge avez-vous ?

Moins de 18 ans

18 ans ou plus

Funny Games U.S. 9 24/04/08 à 01:51

Bonjour a tous,

Voila, pour ceux qui l'ont vu, j'aimerais savoir ce que vous pensiez de Funny Games U.S. ?

Je ressors de la scéance, et même si j'ai trouvé un peu le temps long, j'ai trouvé ce film incroyable.
Le réalisateur arrive, sur des thèmes annodins a mettre en place une ambiance malsaine, vraiment pesante, presque une envie de suicide.

Allé, a vous.

Funny Games U.S. 1/9 24/04/2008 à 01:55
Connais pas Sifflote
Funny Games U.S. 2/9 24/04/2008 à 01:55
Moi non plus xD
Funny Games U.S. 3/9 24/04/2008 à 01:57
Il est au ciné actuellement (oui je suppose que vous vous en doutiez MDR)
C'est le remake du film Funny Games, du même réalisateur, sorti en 98
Funny Games U.S. 4/9 24/04/2008 à 02:00
Han oui Mr. Green J'en ai entendu parler à la radio Sifflote
Ils ( les journalistes ) disent que c'est la réplique exacte que celle sortie en 98.
'Fin bon, ils préconisent, eux aussi d'aller voir ce film... J'irai le voir alors. Tire la langue
Funny Games U.S. 5/9 24/04/2008 à 02:03
C'est spécial quoi.
Disons que la bande annonce est quand même vachement différente du film Smile
Funny Games U.S. 6/9 24/04/2008 à 21:18
Perso j'ai vu l'original et rien qu'à la bande annonce du remake, c'est pas la même chose. Le 1er est beaucoup plus hard, dans l'ambiance. Il manque quelque chose au 2nd, même si c'est sa copie conforme avec des acteurs américains. 'Fin ce n'est que mon avis.
Funny Games U.S. 7/9 26/05/2008 à 15:16
J'attendais d'avoir vu et bien assimilé le film original. Loin de moi l'idée de faire une comparaison entre ces deux films, vu que ce sont, à quelques détails près, exactement les mêmes. Avec la même violence, le même discours, la même intensité. On peut se poser la question de la légitimité d'une reproduction à l'identique dix ans plus tard, mais connaissant le discours d'Haneke et ses objectifs, ce remake qui n'en est pas un est parfaitement justifié. Un peu de recherches sur le Net devraient facilement mener à des interviews ou au moins déclaration du dit monsieur qui pourraient aider à faire comprendre mon point de vue.


Bref, passons directement au film, ou plutôt au projet, Funny Games.

Loin de donner une leçon de moral et de se placer en être pointant du doigt les vices sadiques inscrits en nous, Haneke cherche avant tout la réflexion chez son spectateur. La réflexion suscitée par la réaction et une extrême provocation dans sa façon de faire, mais également par un réalisme appuyé tant dans ce qui est montré, et la façon de le montrer, que dans ce qui est dit et des différentes informations envoyée au spectateur que ce soit indirectement, ou même directement via les différents apartés qui placent celui qui regarde en tant que réel complice.
Dès le départ, Funny Games va en effet placer le spectateur au rang d'observateur omniprésent, presque divin, parce cette plongée totale sur le véhicule de la famille. Omniprésence renforcée par un rapport au son qui nous permet d'entendre à des milliers de mètres d'altitude le moindre son à l'intérieur de la voiture. Mais avec ce commencement, Haneke instaure également une dynamique du mélange des univers diégétique et extra-diégétique. En effet, la musique qui semble être over, s'avère après une ou deux bonnes longues minutes être en réalité une part de l'histoire. Et quand le titre arrive, c'est sur une musique, over cette fois ci, ultra violente, dégénérée et absurde, à l'image de la violence même du scripte. Et plus le générique avance, plus il affirme sa violence et son anticonformisme en enfermant littéralement les acteurs entre des polices impassibles et rouge sang. Le message est clair : la violence sera froide, imperturbable et surtout ne laissera jamais aucune chance a ses victimes de s'en extirper. En quelques minutes, Haneke impose avec force son univers qu'il va par la suite développer au court du film.

En utilisant des cadres proches du style télévisuel, voire identiques, Haneke cherche a rendre une atmosphère réaliste et familière. Un réalisme accru par la lenteur des événements et par l'utilisation du plan séquence à plusieurs reprises. Cette lenteur est la première sorte de provocation que l'on peut lancer au spectateur venu voir un film violent, un film d'horreur auquel on l'a habitué. Mais c'est par cette lenteur que la violence apparait d'autant plus absurde et étrangère à l'univers créé, et c'est de cette façon qu'elle marque. En instaurant le thème du jeu, à celui de l'exécution pure et simple, Haneke va ainsi placer la violence au rang de divertissement (ce qui est clairement dit par Peter), et de ce fait, cela sous entend que le spectateur se délecte de cette violence, qu'il s'en amuse et qu'il l'apprécie, même si c'est inconscient. Et il est en effet difficile de ne pas avouer que la fascination pour le morbide est inscrit dans l'inconscient collectif (on est dégouté devant un accident de voiture, mais qui n'a jamais voulu regarder ?).
L'absurdité de la violence va jusqu'à transparaitre dans les personnages des tortionnaires. Deux jeunes, habillé tout en blanc, symbole initial de la pureté, de la neutralité, mais animés par une cruauté hors du commun qui, comme tout spectateur avide de film d'horreur, trouve son contentement dans la souffrance de l'autre. La seule différence entre le spectateur et ces deux jeunes, c'est que eux passent à l'acte, mais chez Haneke, cette différence ne change rien au fait que le plaisir éprouvé par chacun des deux camps est le même. Ces personnages paraissent fous, alors que leur méthodes sont calculées et purement logiques quand on y regarde bien. On peut d'ailleurs dénoter leur ancrage dans la réalité, une fois de plus par l'élément télévisuel à plusieurs reprises (les surnoms de héros de dessins animés qu'ils se donnent, le divertissement télévisuel lui même mis en scène, la télécommande tout).

Mais là où la provocation de Haneke est la plus remarquable, c'est dans sa mise en scène des tourmentes de la famille. Aucun acte de violence n'est montré, tout se passe en hors champ, que ce soit une violence, physique ou psychologique (ni les meurtres, ni les coups, ni l'humiliation sexuelle ne sont montrés). La seule fois où la violence est montrée frontalement, avec la part gore de tout film "d'horreur", est celle où le personnage de Peter se fait tuer par Ann(a) d'un coup de fusil de chasse. Mais cette exécution ne sert qu'à alimenter un peu plus l'esprit provocant du film puisque la seule chance que trouve la famille pour s'en sortir est immédiatement exterminé quelques secondes plus tard. En s'empoignant d'une télécommande (autre allusion au média télévisuel et du divertissement), Paul rembobine le temps, pour empêcher le meurtre de son comparse. Au niveau de l'histoire, Haneke supprime la possibilité d'échappatoire et le happy ending, au niveau du spectateur, il supprime tout espoir de se retrouver avec la fin qu'il attendait à laquelle il est habitué pour l'enfermer dans son rôle de complice jusqu'au bout. Puisqu'on a voulu voir cette famille se faire exécuter, pas question de renoncer en route !

Le film avance et le propos d'Haneke s'annonce maintenant parfaitement explicitement avec la discussion des deux jeunes sur le bateau, qui éliminent Ann(a), la survivante, avec une facilité déconcertante. Ce n'est pas tant la discussion en elle même qui prouve tout ce que voulait dire Haneke, c'est sa conclusion. Il effectue ici une projection du public qu'il vise dans les deux tortionnaires (il a toujours affirmer faire ce film en priorité pour les jeunes) qui vont évoquer les milieux de la fiction et du réel comme deux monde à part entière au départ, mais qui finiront par les relier. En effet, ils tirent en conclusion que la réalité que l'on voit sur l'écran, n'a rien de différent de la réalité elle même, donc, toute elles sont aussi réelles l'une que l'autre. La part du spectateur dans les actes qu'il vient de voir est ainsi pleinement affirmée.

Après, soit on est d'accord ou pas avec le discours d'Haneke, mais il est impossible de nier la part de vérité qu'il véhicule.


Bref, Funny Games, à voir et à garder en mémoire.
Funny Games U.S. 8/9 26/05/2008 à 16:18
Donc il est bien c'est ca ? parce que moi jveux trop aller le voir mais on me dit kil est moins bien que REC donc je sais pas jhesite
Funny Games U.S. 9/9 26/05/2008 à 16:59
Dinde a écrit :
Donc il est bien c'est ca ? parce que moi jveux trop aller le voir mais on me dit kil est moins bien que REC donc je sais pas jhesite


Ceux qui ne comprennent rien et n'ont rien dans le tronche le trouve nul parce qu'il ne savent pas reconnaitre un film sublime qui demande au spectateur de dépasser le stade de spectateur lambda et de s'interroger sur lui même.

je l'ai vu 3 fois et je le trouve plus génial à chaque fois. si tu vas le voir, tu lis ma critique plus haut et tu trouveras surement des choses intéressantes à réévaluer Smile
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