Petite histoire drole du Québec

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v1nny   Petite histoire drole du Québec 3 16/09/10 à 02:14

Bonjour tout le monde, aujourd'hui j'ai lu une petite histoire qui ma bien faite rire. En plus, pour les Québécois vous allez voire que le Français n'a pas toute a fait tord !


Il y a quelques années j’ai reçu la visite de Didier, un Français que j’ai rencontré lors d’un passage à Paris. C’était son premier voyage au Québec et comme c’était la Saint-Jean, j’en ai profité pour lui montrer à quel point les Québécois savaient célébrer leur fierté.
On se retrouve donc au Parc Maisonneuve avec deux de mes amis, René et Marc. Comme mes shorts n’ont pas de poches, je demande à Didier s’il veut bien garder mes clés de voiture, ce qu’il accepte.
Le spectacle commence, la foule est en délire. A un moment, Didier me demande :
-Ce vieux troubadour, là, qui se trémousse, c’est une de vos grosses vedettes?
-Pas vraiment. Avant, c’en était une, mais maintenant…
-Maintenant, vous le sortez pour la St-Jean par nostalgie, c’est ça?
Je ne trouve rien à répondre. Marc et René haussent les épaules.
-Et pourquoi chaque fois qu’un des chanteurs crie le mot « Québec », tout le monde s’égosille? demande Didier.
-Mais… parce que c’est la fête du Québec, justement!
-Oui, je veux bien, mais moi, quand c’est ma fête, je ne m’arrache pas les cordes vocales comme un possédé chaque fois qu’un invité prononce mon nom…
René s’assombrit. La soirée ne sera pas simple. Marc, lui, ricane pour détendre l’atmosphère. Ce qui fonctionne plus ou moins.
Après le spectacle, on va s’acheter de la bière. Didier demande :
-Et maintenant, qu’est-ce qu’on branle? C’est quoi la suite du programme?
-Ben, rien, fait Marc. On se promène, on boit pis on jase.
-Hé ben dis donc! ironise le Français. C’est vachement original! La boum du siècle, quoi!
Tandis qu’on se promène dans le parc, un jeune homme s’approche et nous demande :
-Excuse-me, I’m lost… Can you tell me where is…
Il n’a pas complété sa phrase que trois adolescents lui sautent dessus et commencent à le tabasser en lui criant des « Criss-ton camp, le bloke! » et autres sympathiques conseils. Sidéré, Didier nous demande ce qui se passe.
-Disons que parler en anglais à la St-Jean, c’est un peu délicat, explique René.
Les traits du Français se durcissent.
-C’est donc ça, la Saint-Jean? Une fête d’intolérance et de fermeture sur l’autre! Une débâcle où le sentiment d’appartenance permet toutes sortes de dérapages raciaux qui confirment une certaine conception de…
Au même moment, un groupe de fêtards passe devant nous et l’une des filles, complètement ivre, s’accroche à Didier en lui criant :
-Vive le Québec, tabarnak!
Et elle lui vomit sur les pieds. Didier contemple un moment la poutine à moitié digérée sur ses chaussures, puis lève la tête vers nous.
-C’est… c’est du folklore, dis-je bêtement.
Le mépris dans son regard me fait soudain honte.
Nous continuons à marcher, mais Didier n’arrête pas de critiquer, démolissant sans cesse cette fête qu’il trouve grotesque, décadente et vide de vraies valeurs nationalistes. René et Marc sont silencieux, mais l’agacement et la colère dans leur regard prennent des proportions inquiétantes.
Nous arrivons au grand feu. Didier ricane :
-Putain de merde! Un feu de joie! Il ne manquait que ça pour que tout soit parfaitement… comment vous dites, déjà? Quétaine?...
Le verre en plastic de René se fissure entre ses doigts. Marc est maintenant écarlate. Ils vont le frapper, c’est sûr! Et Didier poursuit :
-C’est quoi le combustible? Du simple et banal bois! Si au moins, on y faisait brûler quelque chose de symbolique!
-Je vais me chercher une bière, dis-je par contenance.
Je me dirige vers le kiosque. Amener Didier ici était vraiment une mauvaise idée. Et pourtant, je ne peux m’empêcher de reconnaître qu’il n’a pas tout à fait tort…
Lorsque je reviens au feu, Didier a disparu. J’espère qu’il va revenir puisqu’il a mes clés de voiture. Mes amis ignorent où il est, mais ils me disent cela avec un air bizarre.
-Vraiment réussi le feu, marmonne alors Marc.
-Très, approuve René en prenant une gorgée de bière.
Et ils ont un drôle de sourire. Moi, j’examine les flammes, essayant en vain de comprendre ce qu’elles ont de si exceptionnel… puis, je remarque l’étrange odeur qu’elles dégagent tout à coup.
Alors je comprends et pousse un long soupir ennuyé :
-Pas cool, les gars! Je vais être obligé de revenir ici demain pour chercher mes clés dans le tas de cendres

-Patrick Sénécal




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Petite histoire drole du Québec 1/3 16/09/2010 à 03:44
Patrick Sénécal est réputé pour faire des histoires vraiment dark. Celle-là m'a déçu parce qu'elle est plutôt soft mais elle est quand même bien structuré. Le contraire m'aurait étonné venant de Patrick ^^
v1nny   
Petite histoire drole du Québec 2/3 16/09/2010 à 04:06
Oui en effet. Cependant, le texte reste asser original quand même et ce qu'il dit par rapport a la supposé ''fierté'' Québécoise reste asser réel Razz
Petite histoire drole du Québec 3/3 16/09/2010 à 04:59
Ouais c'est digne de Sénecal ca... vraiment très bien réussi. Il réussi à nous surprendre à chaque coup celui-là. Mon auteur préféré en plus Mr. Green . J'ai dévoré sa collection de livre en 2 semaines et demi Coeur

Merci V1nny d'avoir sortit cette nouvelle d'un auteur québécois digne de ce nom Smile c'est en quelque sorte le Stephen King québécois Smile Ces livres vaut vraiment le coup d'être lus et ses fils aussi se doivent d'être regardés (surtout qu'en plus, TOUT les livres de cet auteur seront adaptés cinématographiquement). Un pur plaisir de savoir que cet auteur est aussi connu ailleurs Yeux qui tournent
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